50 Ans Discours R VILAIN

Chers amis,

         Je tiens a vous remercier, vous qui êtes venus ce soir pour honorer la demoiselle Crépin devenue si chère a notre chœur. Il n’a à l’évidence pas été difficile de vous convaincre. Plus difficile fut de limiter notre effectif à 50 en oubliant nécessairement des personnes qui auraient voulu et pu être des nôtres ce soir.

Mais ne pouvant pousser les murs nous sommes ce soir symboliquement 50 pour les 50 ans de présence de Danièle au sein de notre Chœur, lui-même fondé en 1950.

         Einstein en 1915 finalisa sa théorie de la relativité générale. Elle nous a inspiré l’idée que nous devions distordre le temps ce soir : résumer en trois ou quatre heures les 50 ans de présence de l’une et les bientôt 65 ans d’existence de l’autre. Mais également les 43 ans de direction du maestro Michel, les 10 d’Etienne sans oublier ceux de nos deux chefs en devenir.

         Comme le temps aujourd’hui n’a pas de prise sur nous, nous vous avons distribué un exemplaire du journal Le Monde daté de demain qui relate l’histoire de notre formation musicale et de ce qui se passera ce soir. A lire à l’apéritif ! Mais certaines personnes ont franchi un autre espace temps : Rachel qui donne ce soir un concert, Isabelle Botté qui en prépare un, Sophie Grieu qui est à Vienne pour écouter Cosi fan tutte, Laurence Harf pour cause de théâtre. Enfin Hans Schmeller parce que son module de téléportation est en panne et qu’il avait peur d’arriver à l’entracte. Comme quoi la Deutsche Qualität n’est plus ce qu’elle était ! Ces personnes m’ont chargé de te dire combien elles auraient néanmoins voulu être à tes côtés.

         Ce soir il est impressionnant de voir combien de couples de choristes sont parmi nous. C’est une des marques de fabrique de cette chorale : exigeante et chronophage mais procurant un tel plaisir par son rendu musical et son ambiance de travail que l’on s’y attache durablement. Et la joie est encore plus grande quand elle est partagée avec son conjoint. Si j’avais à faire un vœu, ce serait, comme ce fut le cas pour moi, que les choristes célibataires trouvent en ce chœur leur alto ego. Cela pourrait de plus, à long terme, résoudre le problème de recrutement par croissance interne !

Alors ce soir tout est permis, lâchez-vous, nous ne sommes pas à l’Amourette  pour rien que diable ! Seul inconvénient : dans neuf mois, ce sera la rentrée 2014 et nous risquons d’avoir un absentéisme important chez les femmes ce qui pourrait déséquilibrer les pupitres.

Convenons préventivement d’y programmer exclusivement du grégorien !

         Je tiens à remercier l’ensemble des personnes sans qui cette soirée n’aurait pu être organisée. Tout d’abord le conseil de gestion à l’exclusion – en quelque sorte – de Bernard, laissé volontairement dans l’ignorance d’une bonne partie des choses ! Ajoutons Catherine Parleani pour sa contribution au choix d’un restaurant, Marc et Geneviève pour avoir participé au vote pour le choix du menu, Dominique pour l’arrangement du Canticorum jubilo, Marie-Aude, Hélène, Martine et les Bajon pour le fond photographique, Odile pour les animations à venir, Christiane pour les photos et Jessica pour le film. Enfin, l’ensemble des intervenants qui prendront la parole ce soir et pour terminer à nouveau Geneviève qui a eu la bonne idée de partir 15 jours à Taïwan pour me laisser le temps d’organiser les choses sans que notre couple en pâtisse !

         Alors, quoi de plus merveilleux Danièle que de te témoigner notre amitié dans un lieu portant un tel nom. Contrairement à mes précédentes grivoiseries, précisons que l’Amourette  désigne un alcool anisé qui était fabriqué à partir de 1920 rue de Paris à Montreuil pour remplacer l’absinthe interdite depuis 1915.

Mais gageons que L’Amourette avait des propriétés intéressantes et Bernard avouera sans doute tout à l’heure, en avoir usé pour te séduire.

Les musicologues ont même découvert que Georges Bizet avait fait la part belle à l’Amourette  dans une de ses œuvres certes peu connue. Je vous en livre un extrait en guise de conclusion et si par hasard votre érudition vous faisait la connaitre, vous pourriez l’entonner avec moi :

« L’Amourette, enfant de bohème, il n’a jamais, jamais, connu de loi. Si tu ne m’aimes pas, je t’aime. Si je t’aime prends garde à toi !
(prends garde à toi !)   

Si tu ne m’aimes pas, si tu ne m’aimes pas, je t’aime. Mais si je t’aime, si je t’aime, prends garde à toi ! »

Et maintenant, place à la fête !

Amourette